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J’ai toujours considéré, même avant d’approfondir le sujet de la nutrition, que la qualité des aliments distribués jouait un rôle important, et encore plus au fil des années à force de constater les diverses pratiques.

La première chose qui m’a amené à m’intéresser à ce sujet, c’est l’argument selon lequel nourrir au barf coûterait moins cher que de nourrir aux croquettes. On s’aperçoit alors que les chanceux pour qui c’est le cas, optent le plus souvent pour des solutions plutôt radicales, comme de la VSM (viande séparée mécaniquement), des déchets pour animaux, des déchets périmés impropres à la vente pour consommation humaine etc.

La VSM

Voici la définition officielle telle qu’indiquée par le ministère de l’agriculture « Il s’agit de produits obtenus par l’enlèvement, à l’aide de moyens mécaniques, de la viande des os ou des carcasses de volailles. Obtenus après désossage, ces produits peuvent contenir des résidus d’os, de cartilages ou de moelle, contrairement aux viandes hachées ou aux viandes pour hachis »

Bon, c’est de la raclure de carcasse. En Europe, la législation interdit la VSM sous l’appellation « viande » pour la consommation humaine. Elle concerne majoritairement la volaille, la production à partir de ruminants ayant été interdite après l’épisode de la vache folle. Si vous trouvez donc de la VSM de bœuf, essayez d’en savoir plus auprès de votre fournisseur. De plus, soyez vigilants car sur les sites de vente de viande pour animaux, les VSM sont souvent appelées « viande ». Il existe deux moyens de réaliser de la VSM : une technique à haute pression et une technique à basse pression.La technique à haute pression donne un résultat ressemblant à une pâte lisse. La technique à basse pression donne un produit fini ayant le même aspect que des viandes hachées ou émincées, attention donc lorsque vous achetez de la viande hachée dans des circuits dits pour animaux.

L’EFSA (European Food Safety Agency) nous dit ceci « […] Les procédés de production sous haute pression augmentent le risque de développement de microbes. De fait, ces procédés entraînent une dégradation plus avancée des fibres musculaires associée à une libération de nutriments, ce qui fournit un substrat favorable à la croissance bactérienne. Lors de l’utilisation de méthodes sous haute pression, la carcasse ou les morceaux de viande sont passés sous pression dans une sorte de machine-tamis. Lors de l’utilisation de méthodes sous basse pression, la viande est grattée mécaniquement pour être détachée de la carcasse. Actuellement, dans l’UE, des viandes séparées mécaniquement peuvent être produites à partir de volailles et de porcins, mais pas à partir de bovins, d’ovins et de caprins. Les viandes séparées mécaniquement doivent être clairement étiquetées en tant que telles et ne sont pas prises en compte dans la teneur en viande indiquée pour le produit. Les viandes séparées mécaniquement sous haute pression doivent être congelées immédiatement et ne peuvent être utilisées que dans des produits cuits. Voir le règlement (CE) n° 853/2004 fixant des règles spécifiques d’hygiène applicables aux denrées alimentaires d’origine animale. »

Les qualités nutritionnelles de la VSM sont de plus nettement inférieures à de la viande musculaire, comme indiqué précédemment en raison d’une libération des nutriments au moment de la dégradation des fibre musculaires.

Les déchets

Ce point est plus discutable car vous pourrez obtenir de beaux déchets si vous avez de bonnes relations avec votre boucher. Ce que j’entends par « beaux », ce sont des morceaux frais, qui n’auront pas subi une rupture de la chaîne du froid (malgré la volonté de croire que l’estomac des chiens est un bazooka à bactéries), en somme, un éventuel invendu de fin de journée qui aurait pu être acheté pour consommation humaine. Pourtant, on peut parfois voir passer des déchets passés, verts, avec beaucoup de gras ou de morceaux non nobles. Les « déchets » pour animaux en supermarché sont parfois jolis. Cependant, pour avoir travaillé quelques mois en GMS et avoir pu constater l’intérêt parfois limité pour ces chutes de viande en terme de conservation, je m’abstiens bien d’y avoir recours. Bien-sur, ce n’est pas le cas de tous, mais je préfère appliquer le principe de précaution.

Les sites de vente pour animaux

J’y ai eu recours par le passé mais quelques déconvenues m’ont définitivement convaincu que ce n’était pas une bonne idée. Ils peuvent dépanner pour des produits qu’on ne peut pas trouver ailleurs (les cous par exemple, je n’y achète plus que ça, ça ne m’enchante pas mais c’est le temps de trouver un jour j’espère un fournisseur local). Pour certains la traçabilité a beau être excellente, on n e peut pas choisir les morceaux, la qualité est parfois aléatoire, les morceaux également, comme la vente de VSM qui permet « d’offrir » une alternative peu chère, mais pour autant est-ce bien en accord avec la philosophie de départ ?

Car finalement c’est bien le nerf de la guerre. La plupart d’entre nous avons arrêté les croquettes par soucis d’offrir une alimentation de qualité à nos animaux, et de maîtriser ce que nous apportons dans la gamelle. Mais si finalement parfois nous ne faisions pas pire ? Car si nous comparons deux extrêmes pour rendre l’exemple plus parlant, entre 1kg de VSM de poulet et 1kg de filet de poulet bio, il y a quand même une nette différence. Bien-sur il y a des intermédiaires, et je conçois que la majorité d’entre nous ne puissent pas fournir une alimentation exclusivement bio ou labellisée.

Par exemple, j’identifie les magasins les plus intéressants en terme de DLC, ce qui me permet de trouver de la viande bio, label rouge ou bleu blanc cœur très régulièrement. Les fruits et légumes bio ne sont pas un gros investissement compte tenu de la quantité à donner. Enfin, si vraiment vous ne pouvez pas vous permettre ce type de viande même en DLC, essayez de ne pas choisir de la viande premier prix, mais d’une gamme au dessus. Par exemple, certaines marques distributeur proposent des viandes nourries sans OGM, sans antibiotiques etc. C’est déjà beaucoup mieux qu’une viande qui n’aura pas bénéficié de ces précautions. Le label bleu blanc coeur par exemple assure une quantité d’oméga 3 plus importante, c’est un bon compromis quand on ne peut pas donner de la viande d’animaux nourris à l’herbe (qui est hors de prix).

il est je pense important de se recentrer sur l’objectif de base qui est une meilleure alimentation pour une meilleure santé, et ne pas se mentir sur le coût d’une alimentation naturelle qui si on tend à atteindre cet objectif, coûtera nécessairement plus chère qu’une alimentation industrielle.

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