Les acides gras : un tour d’horizon

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Les lipides constituent une part importante d’énergie au sein de la gamelle de votre chien, en particulier pour les chiens qui ne disposent pas de source d’hydrate de carbone dans leur ration.
Les graisses alimentaires apportées par les huiles ou la viande sont des sources d’acides gras essentiels que l’animal n’est pas en mesure de synthétiser lui même.

Mais comment sont faits ces acides gras, quels sont-ils et comment bien les utiliser ?

Les acides gras saturés ou insaturés.

D’un point de vue purement chimique :

Qu’ils soient saturés ou insaturés, les acides gras sont composés d’atomes de carbone et d’hydrogène. La différence se situe dans les liaisons des atomes de carbone. Dans le cas d’un acide gras saturé, les atomes sont saturés en hydrogène à l’instar des acides gras insaturés qui comportent une double liaison d’atome de carbone. C’est par exemple cette saturation en hydrogène qui va entraîner la solidification des lipides des acides gras saturés (l’huile de coco par exemple et son acide laurique). D’autre part vous avez peut être déjà vu écrit pour l’acide linoléique « 18-2 ». Cela signifie qu’il comporte une chaîne de 18 atomes de carbone et deux doubles liaisons de carbone. Par exemple, l’EPA se note « 20:5 » et le DHA « 22:6 ». Vous comprenez maintenant pourquoi on parle pour ces derniers d’acides gras « à longue chaîne ».

En pratique :
Acides gras saturés : acide laurique, acide myristique, acide stéarique, acide palmitique…
Acides gras insaturés : acide linoléique, acide alpha linolénique, acide arachidonique, acide eicosapentaénoïque (EPA), acide docosahexaénoïque…

Les acides gras essentiels

Les principaux acides gras essentiels que le chien doit recevoir sont des acides gras polyinsaturés que l’on peut classer en deux grands groupes : Omega 6 (dont acide linoléique : essentiel) et Omega3 (dont acide alpha linolénique : essentiel) (acides gras à chaîne moyenne) ainsi que l’ EPA et DHA (acides gras à longue chaîne). (Attention, ceci concerne les chiens, c’est un peu différent pour les chats). Ils doivent être apportés par l’alimentation car non synthétisables par l’organisme, sous forme de tissus animaux, de certains végétaux ou d’huiles végétales ou animales.

Il existe ce que l’on appelle des « précurseurs ». C’est par exemple la capacité des acides gras à chaîne moyenne à devenir des acides gras à longue chaîne, par exemple l’acide linoléique en acide arachidonique ou l’acide alpha linolénique en EPA et DHA. Alors que les humains sont capables de plutôt bien convertir l’acide alpha linoléique en EPA et DHA, ce n’est pas le cas du chien, et c’est la raison pour laquelle il faudra veiller à en distribuer suffisamment dans la ration quotidienne.

On a souvent tendance à schématiser les rôles des Oméga 3 et Oméga 6 à tort de « bons » et « mauvais” acides gras, en en citant un comme étant anti-inflammatoire, et l’autre comme étant pro-inflammatoire. C’est en fait un peu plus complexe que ça.

L’acide linoléique, contrairement à ce qui peut être simplifié, joue un rôle majeur dans la santé de la peau et du poil, et en cas de déséquilibre en Omega 6, c’est dans ce secteur que se verront les premiers signes car les cellules de la peau sont constituées de phospholipides (acides gras polyinsaturés à longue chaîne) et acides gras polyinsaturés omega 6 à chaîne moyenne.
En réalité, les omega 6 ET les omega 3 ont un potentiel anti-inflammatoire, avec des mécanismes d’action différents, et selon le type d’acide gras concerné (longue chaîne, chaîne moyenne…). Il convient surtout de respecter le juste équilibre entre les deux, qui pour un chien en bonne santé est autour de n-6/n-3 5:1. (Voyez donc l’importance des Omégas 6!)
Comme toujours, tout est question de maîtrise et d’équilibre pour une santé optimale !

Sources:Nutrient requirements of dogs and catsCanine and feline nutrition